►Ce matin lisant les infos, je suis restée silencieuse, songeuse, puis outrée, peinée, et en colère, qu'il puisse exister encore et toujours des personnes immatures, méchantes, intolérantes pour pousser au suicide une directrice d'école après l'avoir insultée, bafouée, lui envoyant des menaces, alors que cette femme menait sa vie de couple avec une femme discrètement, car elle est morte à cause de préjugés des gens mal-pensant, qui me font honte.◄
Le dessinateur, de son vrai nom Christophe Tardieux a écrit :
►Caroline aura tenté du mieux qu'elle pouvait de se reconstruire.
Mais la blessure était trop profonde.
Elle a choisi de se donner la mort ce lundi 1er septembre 2025, jour de la rentrée scolaire.
La date n'est évidemment pas le fruit du hasard.
Lorsque j'ai écrit son "Cas d'école", elle voulait crier au monde sa vérité, la vérité.
Pour aller mieux, mais surtout pour ne pas laisser à l'éducation nationale le soin de parler d'elle à sa place.
Le corbeau qui l'a abreuvée d'insultes homophobes et de menaces de mort, les villageois et le maire qui ne l'ont pas soutenue, les collègues de son académie aux abonnés absents...
Tout cela a contribué à creuser sa tombe.
Mais l'éducation nationale a planté les clous de son cercueil en n'assumant rien, allant jusqu'à porter plainte contre la bande dessinée, imposant à Caroline une audition au commissariat.
Comme une coupable.
Il y a trois jours à peine, Caroline m'écrivait pour m'annoncer que l'inspectrice qui ne l'avait pas soutenue était promue, devenant l'assistante de la Directrice académique.
Alors que je lui demandais comment elle allait, Caroline semblait encore fragile mais me disait "ça va le faire".
Je n'ai pas su voir que l'info qu'elle me donnait était le dernier clou de son cercueil.
Si l'éducation nationale s'empare du sujet, elle cherchera toutes les mauvaises raisons du monde pour expliquer le suicide de Caroline.
Mais ne nous y trompons pas, comme Christine Renon, comme Jean Willot, Caroline nous a adressé un message d'une violence rare.
En se réduisant elle-même au silence, elle a hurlé cette réalité simple.
Aujourd'hui, je pleure, j'enrage et je m'en veux de ne pas avoir pu faire plus.
Mais, demain, la lutte continuera.
Et je compte sur vous pour y participer en faisant connaître l'histoire de Caroline au plus grand nombre.
Parce qu'elle était une belle personne broyée par un système et qu'elle ne demandait que la justice. ◄