Certainement que vous connaissez la chanson Cadeau par Marie Laforet qui sur une liste énumère un peu de choses subies, pour un enfant, se faisant rémunérer des menus services...
_Un jour il m'est arrivé de prendre un crayon et d'aligner les tâches exécutées le long d'une journée dans les années soixante et des poussières.
Suite à une réflexion d'un de mes enfants adolescent lors de ce récapitulatif qui souriant m'avait simplement dit :
_ " Maman toi tu ne travailles plus à l'atelier, et avant d'être sept à la maison tu ne t'ennuyais pas...? "
_ " Attends et écoute mon petit gaillard avant d'avoir le confort de maintenant ( année 1988 à peu près ) tu sais je ne prenais pas le temps de le voir passer, puis comme il est l'heure de l'école va vite et je vais t'écrire le résumé d'une journée que tu pourras lire ce soir, d'accord, allez bisous. "
A peine fut-il parti, j'ai pris une grande feuille me suis assise et réfléchissant je ne pouvais imaginer au fur et à mesure que ma main écrivait que j'avais vécu ces moments là ! "
Dans les années 1962 à 1967 nous vivions à cinq dans trois pièces dont une seule en bas servant de cuisine et salle à manger, bref la pièce à vivre arrangée d'une façon pratique avec même un paravent cachant la porte d'entrée donnant directement sur la rue où les passants pouvaient voir sinon à l'intérieur.
Nous étions cinq, mon mari, trois enfants nés en mars 1962- février1964- février1965, et moi la blogueuse.
Je vous assure que c'est plus difficile de tenir une petite maison en ordre qu'une maison très spacieuse, car chaque chose doit être minutieusement rangée, et comme nous avions la cuisinière à charbon le chiffon à épousseter était souvent de service, ainsi que la wassingue pour laver le sol carrelé.
_ Cinq heures du matin levée la première afin de faire ma toilette dans la pièce du bas avant de donner le biberon à la petite dernière, pendant que le café passe dans la cafetière à main, ensuite en boire avec le mari avant son départ à l'atelier, puis dépendre le linge mis à sécher la nuit pour ne pas encombrer et faire moche dans la journée.
Réveil des deux autres enfants, petit déjeuner, toilette des trois enfants, il est huit heures trente, départ pour faire quelques courses, le bébé dans le landau, le petit garçon et la petite fille de chaque côté tenant l'anse de cette voiture d'enfant.
Retour pour préparer le repas du midi en activant la cuisinière.
Arrivée du mari pour manger, juste quand les petits font la sieste pendant une heure à une heure trente.
Vaisselle sitôt le repas fini, je me dépêche de repasser un peu de linge, et de souffler cinq minutes pour boire le café.
Les enfants levés, les faire prendre leur goûter et je pars les promener au parc ou dans la rue jusque chez ma maman ravie de nous voir.
Puis vers seize heures reprendre la route, traverser la ville pour recommencer le repas et occupation de quelques jeux avec les petits avant la toilette, le souper, et de les coucher vers dix neuf heures trente.
Sauf le bébé à qui le biberon devait être encore bu vers les vingt et une heures, mais mon mari le donnait.
Le haut de cette maison avait deux petites pièces aménagées en chambres d'une façon coquette afin de rendre moins visible la petitesse, mais il faut de l'imagination, une patience et savoir arranger avec peu de moyens je l'avoue, c'est un fait.
Ah le soir arrivant, le calme régnait !
Non pas de télévision nous n'en avions pas, je rangeais et préparais les habits du lendemain et un peu de lecture mais mon passe-temps était le tricot faisant l'habillement des miens de la layette jusqu'aux pulls etc...
Mais ce passe-temps venait après que j'avais fini la lessive à la main du linge surtout les couches de bébé ayant bouilli dans une grande lessiveuse, et que j'étendais pour qu'il sèche la nuit.
La nuit qui commençait pour moi tôt où je tombais de sommeil après une journée bien remplie.
Non je n'étais pas Cosette, mais une femme parmi d'autres identiques ayant une famille à gérer et aimer.
Je ne savais pas que plus tard d'autres enfants viendraient agrandir celle-ci, et que d'autres péripéties multiples m'attendaient...sans regrets.
Sur cette grande feuille où les mots couraient j'ai passé des détails pour ne pas attrister, puis je ne l'ai pas donnée à lire à mon gamin, car ce n'était pas mon rôle de maman que j'aurais accompli là mais plutôt celui de femme malheureuse aurait-il pensé, ce qui ne l'était pas, car c'était la vie de ces années soixante et plus, où ce n'était pas facile pour beaucoup de familles.
Il est tellement réaliste ton billet, merci Marie . Je crois que les<br />
jeunes d'aujourd'hui ne se rendent pas compte de la difficulté<br />
de la vie à cette époque. Bravo à toutes les mamans.<br />
Bonne journée et fin de semaine.<br />
Bisous -Bernadette
Tu décris un quotidien d'une mère de famille dans les années 1960-1970. On faisait le réflexion de dire femme au foyer ne travaille pas beaucoup...Mdrrr.Pas de machine à laver pas de télé un autre monde et une autre vie.Est 'elle meilleure maintenant ?That is the question nous dirait les petites Anglaises.<br />
Bon dimanche
Les Français râleurs et quémandeurs de nos jours ont oublié qu'ils sont archi gâtés, par rapport aux gens qui ont vécu ces époques où tout n'était pas fait à la machine et où il fallait en permanence "mettre la main à la pâte"...<br />
Bisous et bon dimanche à toi