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Combien j'aime à retrouver, sur le bord du sentier, cette herbe
souffreteuse, qui rampe de toutes ses forces devant les pieds !
Elle avait perdu, pendant l'hiver, toute forme, toute couleur, elle était morte, elle se confondait avec la poussière.
La pluie l'arrosa, le printemps l'éclaira, le soleil la réchauffa, et l'herbe misérable, sortant des fossés, se mit à ramper le long du chemin.
Elle escalada timidement le sentier, redoutant le pied de ceux qui foulent sans égard la plus fraîche verdure.
Elle rampa prudemment, au pied du bon vieil arbre; elle rampa surtout au clair de lune, évitant les endroits fréquentés.
La voilà enfin au but !
Heureuse et fière d'être à l'abri, elle fixe encore davantage, dans le
sable meuble, le filet innocent de ses racines.
Parmi ses feuilles vertes, mes souliers restent propres, et la poussière semble confuse et fâchée de ne pouvoir les ternir.
Cette plante envahit à tel point les tilleuls, que leurs pieds semblent aussi de l'herbe; je ne distingue plus l'herbe, des troncs.
La prairie est proche.
C'est une grande mer verte, qui lance des étincelles dont le vert est
encore plus intense que la traînasse.
C'est le soleil, sans doute, qui les allume de ses jeunes rayons, elles baignent le regard et éteignent en lui, l'éclat de toute autre couleur.
C'est le renouveau de la nature, qui émerveille toujours les yeux
!
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texte de Guido Gezelle
mêlé à quelques
humbles mots d'Ederza