
Au mois d'octobre de l'année précédant la peur de ce virus, malgré le froid, et la pluie sous laquelle je ne pouvais même pas préserver la tête le vent trop fort enlevant la capuche de ma parka, je suis partie jusqu'au bout de la petite ville où je réside, mon bled
comme je l'appelle...!
A l'heure de cette sortie peu de personnes n'entravant la marche, je peux donc allonger le pas arrivant vite au magasin où il fallait à tout prix que j'aille, mon époux n'étant pas bien pour sortir.
Puis en revenant sur mon trajet se trouve le lieu parfois oublié et qu'importe c'est vrai les visites, car les pensées volent vers ceux partis là-haut.
Mais j'ai senti le besoin d'entrer pour rendre visite à mes amis, d'arranger un peu les pots où les plantes éternelles restent sur la pierre de ceux partis pour l'éternité invisibles à notre regard.
Quand le désir me prend ainsi d'aller sur la tombe de mes amis, rien ne me retient, pas même cette fine pluie qui dégoulinait le long de mes cheveux filant en gouttelettes sur les joues, se mêlant aux perles qui piquaient les yeux.
Je me sens rassérénée d'être là debout parlant à l'intérieur de moi, comme pour communiquer avec ces disparus.
Le cimetière immense regroupe deux parties, une très ancienne avec des tombes surélevées, et une partie plus récente.
Je suis entrée par la première grille traversant ainsi entièrement ce lieu, passant devant des chapelles, des tombes abandonnées, puis d'autres bien entretenues etc....

Marchant sur les graviers dans le silence, seule, oui car il n'y avait que moi à cette heure dans un endroit que des personnes appréhendent, non je ne suis pas devenue un peu bizarre, je le suis depuis très longtemps !
Cela me détend de marcher dans les allées, pensive l'esprit ailleurs, au dessus des tombes mon regard se portant vers les toits du lotissement où je rejoignis la maison, marchant d'un pas plus lent tranquille et sereine.

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Un cimetière n'est pas un endroit je sais de prédilection à balades, et pourtant seule au milieu de la grande allée j'ai pris des photos, d'instinct en souvenir.
Ci-dessous j'arrive presque chez moi au bout du chemin !

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